Comment pitcher un investisseur américain quand l'anglais n'est pas ta langue maternelle
Ce qui compte vraiment en pitchant un investisseur américain sans anglais natif : ce qu'ils pardonnent, ce qu'ils ne pardonnent pas, et comment gérer l'accent.
, 3 min de lecture, Anglais des affaires
À retenir
- Les investisseurs pardonnent presque universellement les accents et les petites erreurs de grammaire ; ce qu'ils ne pardonnent pas, c'est un pitch flou sur la taille du marché, la traction, ou la demande.
- Écrivez et mémorisez vos chiffres précisément (taille du marché, taux de croissance, revenus) car ce sont les mots que vous risquez le plus de rater en direct, et ce sont aussi ceux que les investisseurs écoutent le plus attentivement.
- Pratiquer à voix haute avec un natif ou un locuteur à l'aise bat pratiquer seul, parce que ce sont les interruptions et les questions, pas la récitation, qui révèlent les lacunes.
Des fondateurs non natifs lèvent constamment des fonds auprès d'investisseurs américains et britanniques. L'accent n'a jamais été l'obstacle. Voici ce qui détermine réellement si le pitch atterrit, et comment se préparer pour les parties qui comptent vraiment.
Ce que les investisseurs pardonnent vraiment
Un accent, une grammaire imparfaite, un mot occasionnellement raté, une pause pour trouver le bon terme, tout ça est parfaitement normal dans un pitch, et les investisseurs qui financent des fondateurs internationaux l'ont entendu mille fois. Rien de tout ça n'est ce qui fait qu'un investisseur passe son tour.
Ce que les investisseurs ne pardonnent pas
Le flou sur les chiffres. "We have good traction" ne veut rien dire. "We went from $10K to $40K in monthly revenue in the last two quarters" est une phrase sur laquelle un investisseur peut agir. C'est exactement le genre de phrase à écrire mot pour mot et répéter jusqu'à ce qu'elle sorte automatiquement, parce que c'est du langage précis sous pression, et le langage précis sous pression est la chose la plus difficile à produire dans une deuxième langue sur le vif.
Une demande floue. Les investisseurs ont besoin d'entendre un chiffre précis et une utilisation précise des fonds : "We're raising $750K to hire two engineers and reach $100K MRR in 12 months," pas "we're looking for some funding to grow." Écrivez cette phrase aussi.
Ne pas répondre à la vraie question. Quand un investisseur pose une question directe, surtout sur une faiblesse, une réponse vague ou évasive sonne bien pire qu'un honnête "that's a real risk, and here's how we're addressing it." La difficulté linguistique pousse parfois les fondateurs à donner la réponse qu'ils ont répétée plutôt que la réponse à la vraie question posée ; surveillez ça spécifiquement, car c'est le schéma le plus dommageable dans un pitch autrement solide.
Les trois choses à écrire et répéter mot pour mot
- Vos chiffres de traction, exacts, dits de la même façon à chaque fois.
- La taille de votre marché, avec le calcul précis, pas juste "un marché énorme."
- Votre demande, montant et utilisation des fonds, en une phrase propre.
Tout le reste du pitch, l'histoire, le cadrage du problème, le parcours de l'équipe, peut et devrait être parlé naturellement plutôt que mémorisé, parce que la parole naturelle récupère bien mieux des interruptions et des erreurs qu'un script mémorisé.
Se préparer aux questions, pas juste au pitch
La plupart des pitchs sont 10 minutes de parole et 20 minutes de questions, et les questions sont là où la pression linguistique se manifeste vraiment, parce qu'on ne peut pas les scripter. Avant la réunion, écrivez les cinq questions que vous craignez le plus et répétez votre réponse à chacune à voix haute, en anglais, à vitesse normale. L'objectif n'est pas un script parfait pour chacune ; c'est de ne pas vivre l'expérience de formuler cette réponse en anglais pour la première fois devant l'investisseur.
Récupérer quand un mot ne vient pas
Ça arrivera : en pleine phrase, le mot anglais disparaît. La récupération compte plus que l'erreur. "The word is escaping me, but basically what I mean is..." est une façon parfaitement normale et confiante de gérer ça. Basculer vers un long silence pendant que vous cherchez, ou s'excuser abondamment, fait bien plus de dégâts que le mot manquant lui-même.
La vraie barre à franchir
La barre n'a jamais été "sonner comme un natif." C'est "faciliter la compréhension de votre entreprise pour un investisseur et le convaincre que vous la comprenez aussi." Des chiffres précis, une demande claire, et des réponses honnêtes aux questions difficiles franchissent cette barre en anglais accentué exactement aussi bien qu'en anglais parfait. Les investisseurs financent des fondateurs clairs, pas des fondateurs fluides.
Questions fréquentes
- Est-ce que les investisseurs se soucient vraiment de mon accent?
- Presque jamais, à en juger par la constance avec laquelle les investisseurs le disent et le nombre de fondateurs financés avec un fort accent. Ce qui les préoccupe, c'est de pouvoir suivre votre logique sans effort, ce qui est un problème de clarté, pas d'accent.
- Faut-il s'excuser pour son anglais au début d'un pitch?
- Non. Ouvrir avec "sorry, my English isn't perfect" prépare l'investisseur à guetter les erreurs plutôt qu'à écouter votre pitch. Commencez simplement à pitcher ; si un mot vous manque en cours de phrase, récupérez et continuez sans commentaire.
- Vaut-il mieux mémoriser le pitch mot pour mot ou parler plus naturellement?
- Mémorisez les chiffres et les transitions clés précisément, et laissez le langage de liaison être naturel. Un pitch entièrement mémorisé qui déraille avec une seule interruption est plus risqué qu'un pitch structuré qu'on peut reconstruire à partir de n'importe quel point.
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